Bonjour à tous !

Notre départ de Bali s’est bien passé. Nous avons navigué en fonction de la météo, dans cette partie du monde où les calmes sont fréquents. Partant les jours où du vent était prévu, nous nous arrêtions lorsque celui-ci retombait. Cela nous a permis de visiter des endroits parfois très peu visités, ou d’y rester plus longtemps que ce que nous faisons habituellement.

Notre première escale a été l’île de Bawean, petite île isolée dans la mer de Java. Les gens étaient très accueillants et musulmans très pratiquants. Impossible de trouver de la bière ou du vin, Manue a porté le foulard pour la première fois. Cela n’a pas empêché Corentin de continuer de faire de super parties de foot avec les copains tous les soirs sur la plage.

Ensuite nous sommes arrivés sur l’île de Belitung, envahie de touristes indonésiens, très peu d’étrangers. Ses paysages méritent le détour avec des blocs de granit posés dans l’eau et truffés de petites îles désertes, éparpillées autour de notre mouillage. Nous étions contents de revoir l’équipage de Sinoé parti de Nouméa avec lequel les enfants ont pu passer du temps et jouer.

Nous avons (re-)franchi l’équateur le 22 octobre…

Arrêt suivant sur l’île de Katean, juste après l’équateur. Là, nous n’avons pas pu aller à terre car l’état de l’annexe ne lui permet plus de faire de longues distances, et impossible de trouver de la colle PVC en Indonésie pour la réparer... Une famille de locaux est venue à nous et est montée à bord pour visiter le bateau. Nous leur avons donné des affaires d’école dont ils semblent manquer ; la pochette de 12 feutres a fait très plaisir à une jeune fille qui a fait le partage avec ses frères et sœurs : chacun en aura 2 !

Notre dernier arrêt agréable dans cette partie de l’Indonésie a été l’île de Benan, toujours très jolie, très accueillante, sans voiture (uniquement des vélos et des mobylettes), avec ses maisons sur pilotis et une jolie plage. Contraste avec notre arrêt suivant, la grande ville très sale de Tanjung Pinang où nous sommes allés faire nos formalités de sortie : il y a du plastique partout par terre et dans l’eau. Triste constat.

Nous sommes arrivés ensuite dans le détroit de Singapour : des lumières partout sur l’horizon, provenant de la terre et des autres bateaux. Des dizaines, des centaines de navires de toutes sortes : des remorqueurs, des gaziers, des porte-containers, des pétroliers... ; des avions, des hélicoptères au-dessus de nos têtes. Quel spectacle !

Nous avons fait le tour de Singapour par le sud et l’ouest, sommes remontés jusqu’au Port de Puteri dans le sud de la Malaisie, qui fait face à Singapour, et nous devrions y rester un peu de temps. Aurore doit aller voir un dentiste à Singapour car, pour copier son frère d’il y a un an et demi, elle a fait un abcès sur une dent cariée pendant la traversée, la pauvre si jeune et déjà des problèmes de dents… Nous attendons aussi des choses plus agréables de cette escale : de nombreux parcs d’attraction, dont Legoland côté Malaisie, et des gratte-ciels dans Singapour ultra-moderne.

En pièce jointe, comme d’habitude, vous verrez des photos de nos escales. Cette fois-ci, elles sont très contrastées, à l’image de notre séjour indonésien : tantôt dans une région touristique, tantôt dans une région très isolée ; tantôt côtoyant des frêles esquifs en bois, tantôt des supertankers ; tantôt nous baladant autour de maisons en bois, tantôt proches des gratte-ciels...

A bientôt !

 

Tout d’abord, un petit mot pour rassurer ceux qui nous suivent : nous n’avons pas ressenti les effets du tremblement de terre survenu récemment à Célèbes. Souhaitons du courage à ses habitants pour la reconstruction.

En un mois, depuis Labuan Bajo, nous avons peu avancé mais avons beaucoup profité de cette très touristique partie de l’Indonésie. Nous avons commencé par faire le plein de séances de piscines, profitant des installations des hôtels de luxe devant lesquels nous étions mouillés. Et le plein de poulets achetés non plus vivants, mais enfin plumés / vidés / découpés !

Ensuite, nous sommes allés au parc naturel du Komodo. Nous avons fait une visite à terre sur l’île de Rincah, accompagnés de rangers, et y avons vu des dragons en liberté, venant nous renifler pour les plus farouches d’entre eux. Aurore était bien en hauteur dans mes bras (ils ne s’attaquent qu’aux plus faibles) !! Nous avons déplacé le bateau à différents endroits du parc, et dans les endroits les plus reculés, sans rangers à nos côtés, nous pouvions les observer sur la plage depuis le bateau au mouillage… sans aller à terre bien sûr.

Nous avons passé l’île de Sumbawa d’une traite par la côte sud, plus ventée que la côte nord, et sans nous y arrêter. Nous sommes arrivés au sud de Bali, où nous avons enfin pu faire de vrais approvisionnements : pates, farine, sucre, surgelés et même du chocolat ! Nous y avons aussi visité le célèbre temple d’Uluwatu, célèbre pour sa beauté mais aussi habité de singes voleurs : ils volent tout ce qu’ils peuvent (portefeuille, appareil photo, téléphone) ; on leur donne des cacahuètes pour récupérer le bien, ce qui ne les pousse pas à redevenir honnêtes…

Après cette petite halte, nous sommes allés sur la côte nord de Lombok pour rejoindre les copains. Les touristes ont déserté l’île car les hôtels (détruits ou fissurés) ont fermé suite au tremblement de terre du mois d’août. Ambiance un peu triste, mais les installations touristiques encore ouvertes nous ont accueilli comme des princes. Nous sommes allés dans un parc animalier où Corentin a pu monter sur un éléphant, où nous avons nourri des oiseaux main dans la main, et nous avons pu rester un moment aux côtés d’une Orang-Outang un peu collante. Enfin, nous avons fait une petite halte aux îles Guili, moins impactées que Lombok : nous avons fait une excursion en bateau à fond de verre à travers différentes îles, nagé avec tuba au-dessus des coraux, et vu des tortues et des myriades de poissons.

Nous sommes ensuite retournés à Bali, sur la côte nord cette fois. Nous sommes arrêtés à Amed, petite station balnéaire avec une magnifique vue sur le volcan Agung, puis à Lovina, où nous nous sommes arrivés en plein festival : musique toute la nuit (dur de dormir) mais aussi danses indonésiennes, avec leurs superbes costumes. C’est de là que nous avons loué une voiture pour aller visiter l’intérieur de l’île pendant quelques jours.

Nous nous préparons maintenant à poursuivre notre route : nous avons un mois pour rejoindre le sud de la Malaisie ou Singapour. Il va nous falloir réapprendre à naviguer, car nous allons reprendre un rythme « normal » de navigation (900 miles à parcourir). Réapprendre à pêcher aussi, car depuis que nous sommes entrés dans les eaux indonésiennes, nous n’avons eu aucune touche. Probablement un effet de la surpêche et de trop de plastique dans l’océan (qui se prennent dans les hameçons…). A suivre…

A bientôt,

Pierre-Emmanuel, pour l’équipage de Petit Prince

 

 

Petit Prince a terminé son séjour dans l’Indonésie profonde, et vient d’arriver dans l’Indonésie touristique (Komodo) pour l’anniversaire de ses 2 ans de voyage autour du monde !

Lors de la fin de notre séjour australien à Darwin, nous avons bien fait de faire une orgie de baignades dans le parc aquatique et de demi-journées aux parcs de jeux, car nous n’en avons pas revu depuis.

Nous sommes arrivés en Indonésie dans la ville de Kupang, au Timor. Après de longues formalités couteuses en papier (~10 listes d’équipages à fournie aux différents services, entre autres), nous avons pu profiter de la ville, et surtout de ses restaurants à moins de 2€ par tête et de ses magasins de vêtements dont les articles sont à peine plus chers. Le plein est fait.

Ensuite, nous sommes allés sur les îles de Lembata puis celle de Flores. Là, nous avons découvert un monde bien différent : nous avons rencontré des gens vivant bien mais avec peu de choses, habitant dans des maisons en bambous, se déplaçant exclusivement à mobylette (parfois à 4 dessus !). Les fruits et légumes se trouvent au marché hebdomadaire en l’absence de magasin, et si l’on souhaite de la viande, il faut acheter le poulet vivant ! Depuis l’expérience de la poule montée à bord de Petit Prince, devenue l’amie des enfants le temps d’une soirée, puis passée à la casserole, on ne mange plus de poulet à bord… Il reste les œufs.

Les croyances animistes y sont fortes : pour aller en haut du volcan Kilimutu, notre guide a demandé la permission aux ancêtres, puis les a remerciés à la fin, car dans le cas contraire, parfois, le brouillard bouche la vue.

Dans la rue, nous étions parfois suivis par 20 enfants, étant des objets de curiosité. Nous avons été plusieurs fois invités à boire le thé (de Java) ou le café (de Flores) chez l’habitant, échangé nos coordonnées, et la 3G étant arrivée dans les villages les plus importants, nous avons obtenu des contacts facebook !

Notre départ de Mausembi, où nous sommes restés 5 jours et nous sommes liés d’amitié avec la famille de Vincent, a été très émouvant. Corentin est allé dire au-revoir à Joyce jusque dans son école, Aurore à Kasey en lui faisant plein de bisous. Il est parfois dur de partir, mais nous allons faire de nouvelles rencontres, sans aucun doute.

Nous sommes maintenant arrivés à Labuhan Bajo, sur l’extrême ouest de Flores, porte d’entrée de l’île de Komodo et de ses célèbres dragons. Beaucoup d’hôtels visibles depuis le large, on entend à nouveau parler anglais et même français dans la rue. Nous y avons retrouvé Sinoe, un voilier ami parti de Nouméa un peu plus tard que nous avec des enfants de l’école où était scolarisé Corentin. Le monde est petit, et encore des retrouvailles !

En termes de navigation aussi il y a eu du changement : les alizés de l’hémisphère sud se sont éteints. Pour avancer à la voile il nous a fallu compter sur la brise thermique de l’après-midi. Nous avons battu notre record de vitesse lente lors de la traversée Kupang – Lembata : 2 nœuds de moyenne, moins de 4km/h, c’est très lent pour parcourir 100 miles. Heureusement les îles sont proches, donc les navigations ne sont jamais trop longues. Et toujours plaisantes, sur une mer calme, avec beaucoup de soleil et des nuits étoilées, avec toujours ses spectacles de dauphins, dont nous avons croisé un énorme « troupeau » en arrivant jusqu’ici.

Sur tous ces bons souvenirs qu’on engrange, nous vous disons à bientôt !

Pierre-Emmanuel, pour l’équipage de Petit Prince

 

Après une longue traversée de la Mer de Corail, Petit Prince est arrivé à Cairns, en Australie, a remonté la grande barrière de corail, passé le détroit de Torres, et vient d’arriver à Darwin, dernière étape australienne avant de poursuivre notre voyage sur le continent asiatique.

Longue, la traversée de la Mer de Corail l’a été car notre départ de Nouméa a été retardé par l’absence de fenêtre météo favorable : nous avons donc décidé de faire une croix sur la première partie de notre séjour australien et aller directement à Cairns, à 1250 miles de Nouméa (notre 3° plus longue traversée depuis notre départ de France).

Nous avons rapidement repris nos bonnes habitudes de navigation : ateliers pâte à sel, dessins, peintures, cours, pêche, parties de cache-cache dans le bateau. Aurore participe pleinement aux activités de son grand frère, y compris le Uno maintenant ! Petit Prince a hébergé pour la nuit à 2 reprises des oiseaux marins, nos seconds invités ayant désiré payer leur nuit avec des poissons à moitié digérés – que nous n’avons pas mangés.

La douane australienne a aussi participé à égayer la traversée : non seulement nous devions leur envoyer quotidiennement notre position, mais ils sont venus en plus en avion lorsque nous étions à 200km des côtes pour vérifier les informations. Douane qui fut fidèle à sa réputation : une fois à quai, nous avons eu droit à la visite d’un premier chien policier, puis d’un second (flair différent) ; inspection de la liste des médicaments ; vérification de la date du dernier antifouling et que le bateau a bien été sorti de l’eau juste avant notre départ ; ouverture et photographie des armoires, de l’arrière à l’avant du bateau, à la recherche de termites. Nos petites fourmis panaméennes, elles, ont leur autorisation de séjour.

Nous avons bien profité de Cairns, dans le pays des Crocos, mais pas que : côté gentil, nous avons rencontré les kangourous, les koalas, les wallabies, les cassowaries. Côté méchants, toujours les requins, avec en plus des serpents et surtout les crocos qui vivent aux portes de la ville… Les plages sont cerclées de filets, et lorsque ce n’est pas possible, comme à Cairns, on construit dans la ville une piscine en forme de lagon !

Les quelques îles de la Grande Barrière de Corail où nous nous sommes arrêtés (les rares où il n’y a pas de crocodile d’eau salée) nous ont offert de magnifiques paysages naturels, tant au-dessus de l’eau que sous l’eau. La remontée vers le détroit de Torres a été un véritable labyrinthe, à partager avec les navires de commerce. Et certains passages n’étaient pas très larges ! L’avantage est que la mer était plate, la houle ayant été cassée sur le récif extérieur, et Petit Prince avançait vite et confortablement quelles que furent les conditions de vent.

Le passage du détroit de Torres s’est fait par une belle journée ensoleillée ; profitant du courant, le bateau a battu son record de vitesse sur fond, plus de 10 nœuds ! Ensuite, 6 jours dans la mer d’Arafura, plutôt calme, avec du bon vent, un ciel parfaitement étoilé, sans pollution lumineuse, et une température nettement plus clémente que à Nouméa ou même Cairns:  très agréable traversée !

Nous allons maintenant rester une ou deux semaines à Darwin pour préparer notre séjour indonésien, qui approche à grand pas. Beaucoup de choses aussi à voir ici, centrées bien évidemment sur le monde sauvage, tellement la ville est isolée.

A bientôt !

Pierre-Emmanuel, pour l’équipage de Petit Prince

 

Tata, la Nouvelle Calédonie !

Notre longue escale dans ce territoire éloigné de France touche à sa fin. Avec le retour de l’hiver austral et la fin de la saison cyclonique, les alizés sont censés s’établir rapidement pour nous permettre de reprendre notre route vers l’ouest.

Depuis 8 mois que nous sommes arrivés ici, nous ne nous sommes pas ennuyés : nous nous sommes offert une parenthèse dans la parenthèse avec un retour en métropole (en avion) pour revoir famille et amis. Ensuite, beaucoup de temps passé à l’entretien de Petit Prince pour ce nouveau départ : antifouling, révision des voiles et du moteur, traitement des points de corrosion, réfection des hublots, la liste est longue. Beaucoup de temps passé aussi à la préparation de la suite du voyage : cartes, guides, détails du passage des principaux détroits pour nos destinations à venir.

Notre retour à la vie terrestre s’est traduit par l’inscription de Corentin dans une « vraie » école, finis les cours avec Papa, on peut enfin recommencer à jouer avec les copains smiley ; un abonnement quasi-illimité pour Aurore et sa Maman aux parcs pour enfants ; et pour moi, des activités de bénévolat en tant que canotier à la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) et à l’accueil de l’Adie (Association pour le Droit à l’Initiative Economique), tous deux passionnants.

Nous avons évidemment aussi passé du temps à visiter ce bel endroit, avec sa multitude d’îlots inhabités accessibles en voilier, ses récifs coralliens, ses forêts, ses maquis miniers, ses littoraux bordés de montagnes impressionnantes avec parfois des sources d’eau chaude. La Nouvelle Calédonie est éclatante de lumière, avec une faune et une flore d’une incroyable richesse. Nous avons été accompagnés de dauphins à peu près à toutes nos traversées en voilier, sauf la fois où nous nous sommes fait poursuivre par un tricot rayé (à priori amicalement).

Avec quelques années de plus, nous n’aurions probablement toujours pas terminé de visiter la Nouvelle Calédonie, que ce soit par la mer ou par la terre. Mais les meilleures choses ont une fin, et de beaux endroits sont encore à voir ! A commencer par la Grande Barrière de Corail, en Australie, notre prochaine étape du voyage, si les alizés veulent bien s’établir rapidement (cela fait 10 jours qu’on les attend pour partir !!!).

A bientôt !

Pierre-Emmanuel et toute la famille, du voilier Petit Prince