2017 09 19 - L'antiméridien

Bonjour à tous,

Petit Prince et son équipage viennent de franchir à Fidji une étape symbolique du tout du monde : nous venons de passer l’antiméridien, c’est-à-dire la moitié du chemin ! Désormais, avancer n’est plus synonyme de partir, mais de rentrer :-( Pour ne pas rentrer trop vite, nous allons commencer notre retour par une longue pause en Nouvelle Calédonie pendant la saison des cyclones qui ne va pas tarder à commencer dans l’hémisphère sud.

Les 1700 miles de navigations dans cette partie du Pacifique Ouest depuis Bora-Bora ont été bien différents de la longue traversée du Pacifique Est : il nous a fallu réapprendre à naviguer avec les marées, les cartes nautiques imprécises (files/RecitsNav/TOURDUMONDE/Cartographie électronique Fidji.pdf), et les fenêtres météo décidaient quand on partait et où on allait : heureusement de nombreuses possibilités s’offraient à nous tout le long du parcours, avec des escales plus agréables les unes que les autres.

Notre première escale a été l’île de Aitutaki, aux Iles Cook. Destination touristique par excellence, elle n’a rien à envier aux lagons de Bora-Bora. En théorie, nous devions pouvoir rentrer dans le lagon par le chenal d’accès à marée haute avec un pied de pilote de 0 ; j’espérais pousser un peu le sable avec la quille si besoin, mais après 2 tentatives infructueuses, nous avons dû nous résoudre à rebrousser chemin. Finalement renseignements pris auprès des locaux, il nous manquait au moins 30 cm… Petit Prince n’étant pas un bulldozer, nous avons jeté l’ancre à l’extérieur du lagon. Le mouillage était assez confortable bien que dans le grand océan, mais il y avait 2km en annexe pour rejoindre la ville ! Nous y avons fait des randonnées à pied, une excursion pour touristes en bateau à moteur vers ses plus belles plages. Superbe !

Ensuite, nous sommes allés à Niue. Cet île-état de quelques milliers d’habitants est elle aussi très isolée et très tranquille. Nous y avons aussi jeté l’ancre dans le grand océan, car il n’y a pas de lagon, ni même de port. L’unique jetée servait à gruter à terre annexes et bateaux de pêche. Pour changer, nous avons fait des excursions en vélo et le tour de l’île en voiture. Cette île est truffée de grottes secrètes, paysages de pierres, piscines naturelles au milieu des coraux. Nous y avons entendu et vu des baleines venant migrer dans les eaux chaudes pour faire grandir leurs petits pendant l’hiver austral. Et puis nous y avons fêté les 1 an de notre départ : Le temps passe vraiment vite, tant de voyage et de découvertes depuis notre départ du Havre, tant de miles parcourus !

Enfin, nous sommes allés à Vava’u, île du royaume de Tonga. Cet archipel est un véritable paradis pour les amoureux de mouillages isolés et tranquilles, ainsi que pour trouver l’occasion de nager aux côtés de Maman et Bébé baleines. Nous ne l’avons pas fait, un peu cher, préférant aussi faire plaisir aux enfants qui trouvaient leur bonheur au bac à sable (encore !) et avec les petits copains dans l’eau (encore !!). Nous y avons aussi fait le plein de DVD à 0.80€ n toute légalité :-)

A terre, nous avons eu de nombreuses ruptures de produits frais, étant donné qu’il n’y a que peu de production locale. Impossible de trouver une pomme de terre ni une carotte à Aitutaki, la tomate coûte 1€ à Niue ! L’isolement de ces populations les rend accueillantes, curieuses, et contentes de venir à notre rencontre ; quoi que les sourires étaient plus difficiles à obtenir à Tonga, qui a un mode de vie plus traditionnel.

Sur ce long parcours en mer, nous avons pêché notre plus grosse dorade : 1m30 ! Plein de phosphore pour tout l’équipage. Et un bateau-ami a dû nous aider à la finir. Nous nous sommes habitués à reconnaitre les bateaux faisant la même route que nous dans le Pacifique, que nous revoyons régulièrement. La plupart, voire tous à l’exception des francophones, vont passer la saison des cyclones plutôt en Nouvelle Zélande. Nos chemins vont donc se séparer, étant donné que nous sommes francophones :-), et nous nous croiserons peut-être à nouveau quelque part en Asie du sud-est l’année prochaine.

Dans l’attente de voir ce qui nous attend ici aux Fidji, puis à Vanuatu et sur le parcours jusqu’en Nouvelle Calédonie d’où nous vous donnerons nos prochaines nouvelles, nous vous disons à bientôt !

2017 08 09 - Nana (au-revoir), douce Polynésie !

Après un mois et demi à la découverte des différents archipels de la Polynésie, l’heure est venue pour nous de prendre un dernier bain à Bora Bora, et de poursuivre notre route vers l’ouest.

Les différents archipels que nous avons visités sont très différents les uns des autres : les Marquises sont très verticales. Les Tuamotu, au contraire, sont des atolls tout plats. Ces îles en forme de cercle possèdent un lagon intérieur, des plages de sable blanc bordées de cocotiers, une eau chaude et calme : parfait pour les enfants ! Ces îles sont très isolées (300 à 1000 âmes pour celles que nous avons visitées), avec des habitants très accueillants et curieux de nous rencontrer. Enfin, l’archipel de la Société (dont Tahiti est l’île principale) est beaucoup plus habité et touristique. Les îles de la Société sont très verticales, à peu près inaccessibles à l’intérieur des terres ; mais elles sont ceinturées par une barrière de récifs coraliens qui rendent les eaux intérieures très calmes, parfois navigables, mais attention aux pâtés de corail !

Que de découvertes: nous avons vu des spectacles de danses tahitiennes à l’occasion du Heiva, fêtes qui embrasent toute la Polynésie en juillet ; visité Taputapuatea, sur Raiatea, archipel de la Société, qui est l’ancienne capitale culturelle de la Polynésie, avant l’arrivée des européens ; visité une ferme perlière (sans acheter de perle, hors budget…) ; découvert les fortifications américaines de Bora Bora pendant la guerre du Pacifique ; remonté en annexe une rivière navigable pour découvrir la forêt de l’intérieur ; fait de belles balades à pied ou à vélo ; quelques belles parties de pétanque, qui semble très répandue ici ; et même une semaine de dériveur à Tahiti pour Corentin ainsi qu’un accrobranche sur Moorea ! Enfin, ramassage de détritus sur le bord de mer un jour de pluie : 1 gros sac collecté en 200m de rive, c’est triste, mais c’est partout pareil.

Nous avons aussi poursuivi nos activités habituelles : bac à sable, jeux avec les petits copains locaux (ou pas), châteaux de sables, plage, beaucoup plongé et nagé ; Corentin n’a plus peur de sauter sans gilet du bateau dans la mer et remonter à bord, ça l’amuse beaucoup d’ailleurs. Aurore sait maintenant monter toute seule de l’annexe sur Petit Prince, et comprend tout ce qu’on lui dit, c’est un plaisir de lui parler !

Nous allons mettre tout cela en pause pendant la navigation à venir, quelques jours jusqu’aux îles Cook. Les 2200 miles qu’il nous reste à parcourir jusqu’à la Nouvelle Calédonie sont ponctuées de nombreux arrêts intermédiaires : Cook, Niue, Fidji, Tonga et pourquoi pas un petit détour par Wallis et Futuna ! Cela nous permettra de nous dégourdir les jambes, tout en continuant les découvertes et les rencontres.

A bientôt, Pierre-Em pour l’équipage de Petit Prince

PS : liste des îles visitées, si besoin de conseil si la destination vous tente : Marquises : Fatu Hiva, Hiva Oa ; Tuamotu : Tarakoa, Kauehi, Fakarava ; Société : Tahiti, Moorea, Raiatea, Bora Bora

2017 06 29 - Petit Prince est arrivé en Polynésie!

Bonjour à tous !

Petit Prince et son équipage sont bien arrivés aux îles marquises, en Polynésie Française ! Les 3000 miles depuis les Galapagos ont été parcourus en 25 jours, sans encombre ni avoir vu un seul autre navire…

Comme pour notre Transat, la faune, elle était très présente : nous avons vu des oiseaux tous les jours même au plus loin des côtes, et nous avons été longuement escortés par un groupe de dauphins à mi-parcours. 4 coryphènes pêchées et de nombreux poissons volants ramassés sur le pont au petit matin nous ont apporté des protéines fraiches.

Nous avons rapidement pris notre rythme de vie, immuable d’un jour à l’autre : séances d’école matin et après-midi pour Corentin, nombreuses séances de piscine pour Aurore tout au long de la journée. L’ordinaire était amélioré par des ateliers pâte à sel, cuisine ; par des petits cadeaux apportés par la petite souris (3 dents perdues par Corentin pendant le parcours, ce n’est à priori pas le scorbut, heureusement la petite souris avait fait des réserves !) ; par un bon repas du sud-ouest pour fêter la mi-parcours ; et par des manoeuvres d’entrainement type « récupération d’un sac poubelle tombé à la mer ».

Il y a aussi eu quelques travaux apparaissant au fur et à mesure du parcours : remplacement de la courroie de l’alternateur d’arbre d’hélice ; récupération du spi tombé à l’eau après s’être déchiré sur toute sa hauteur : le soleil des tropiques est très dur pour les coutures des voiles. Le plus dur sera probablement la malédiction qui se colle à nos appareils photos : celui acheté en Martinique nous a lâché, sans raison connue. Par conséquent, pas de photo de qualité de la Transpacifique, ni de la Polynésie, et ce au moins jusque Tahiti… Il nous faudra garder les images bien ancrées au fond de notre tête !

Nous sommes tous bien contents d’avoir réussi ce long parcours, le plus long de notre voyage, nous amenant dans cette partie du monde si nouvelle, si différente, si éloignée de ce que nous avons pu découvrir jusqu’à présent !

Notre première étape a été la Baie des Vierges, sur l’île de Fatu Hiva. La baie est bordée par un village de 600 habitants, sachant que l’île au total est habitée par 1200 âmes, et est approvisionnées toutes les 3 semaines par caboteur. Les gens ici ont été extrêmement accueillants, nous offrant pamplemousses, oranges, poulet gratuitement sans rien demander en retour (« pour les enfants ») ! Nous avons pu y troquer souvenirs et autres denrées alimentaires contre une mèche à métal et une pince à rivets, difficiles à se procurer ici. Nous y avons fait de grandes marches au milieu de paysages spectaculairement verticaux.

Nous sommes maintenant à Atuona, sur l’île de Hiva Oa, mégapole de 2000 habitants, dernière résidence de Brel et Gauguin, possédant aussi semble-t-il quelques sites archéologiques. Petite halte culturelle ! Mais aussi petite halte pour se réapprovisionner en vivres et en eau. Ensuite, nous irons vers les île Tuamotu, célèbres pour ses atolls coralliens et productions de perles, avant d’aller vers l’archipel de la Société (Tahiti), d’où nous vous donnerons nos prochaines nouvelles !

Mille mercis à David pour nous avoir suivis quotidiennement depuis la terre, donné conseils et prévisions météo, sachant qu’un bête problème de forfait nous empêchait de télécharger mails et fichiers météo avec notre téléphone satellite.

A bientôt !

Petit Prince et son équipage

 

2017 05 29 - Avant la transpacifique

Bonjour à tous !

Le nouveau moteur de pilote automatique que nous attendons vient d’être libéré par la douane équatorienne, nous devrions donc être prêts à (re-)partir sous peu !

Notre séjour aux Galapagos aura finalement été une bonne chose : en plus de réduire la durée de la transpacifique, il a permis de refaire le plein d’eau et de produits frais : fruits, légumes, viande. Et surtout, il nous aura fait découvrir une faune d’une abondance et diversité stupéfiante ! Iguanes terrestres et marins, tortues géantes, otaries, fous à patte bleue avec leur danse d’amour attendrissante, en sont quelques exemples.

Nous avons pu mieux comprendre les restrictions appliquées aux voiliers en escale, susceptibles d’amener des espèces invasives d’insectes et de coquillages. Et si notre coque était bien propre à notre arrivée, inspectée par un plongeur, elle ne l’est plus du tout tellement les algues poussent vite ici. Besoin d’un nouveau carénage pour éviter d’emmener des espèces invasives aux Marquises ?

Pendant notre séjour, Aurore s’est bien entrainée à dire papapapapa et trotrotrotro, et à descendre du tobogan. Corentin nageait tous les jours avec moi autour de Petit Prince jusqu’au jour où il a aperçu un requin de 2 mètres, à priori pas dangereux, mais pas rassurant ! Il s’est fait un super petit copain, Moz, 4 ans et déjà trilingues. Nous avons visité des tunnels de lave : les Galapagos sont des îles volcaniques, et lorsque la rivière de lave se solidifiait en surface, la lave continuait de couler comme une rivière souterraine jusqu’à ce que la coulée s’arrête, laissant derrière elle un tunnel.

Nous avons visité Seymour, une île du parc naturel avec d’innombrables espèces d’animaux volants, terrestres et marins. Visité des plages où les tortues viennent pondre leurs œufs, et nagé à leur côté. Et si nous n’avons finalement que peu visité les autres îles à cause du coût exorbitant des sorties dans le parc naturel (100$/jour/personne, pas de réduction pour les enfants), nous garderons un souvenir fantastique de cet endroit.

Ici rien n’est fait pour les voiliers en escale, peut-être pour les raisons évoquées plus haut. Nous avons réussi 2 parcours du combattant :

  • Plein d’eau : commander des bidons de 4 gallons provenant de l’usine de désalinisation, les transvaser à terre dans nos bidons pour ensuite aller remplir les cuves du bateau
  • Plein de gasoil : obtenir un « fuel permit » (délai 48h, valable une seule journée), puis aller 5 fois à la station-service pour remplir les jerricans d’essence et les transvaser dans les réservoirs

Nous sommes désormais sur le point d’être prêts à (re-)partir, et je vais me répéter en écrivant que nos prochaines nouvelles seront envoyées depuis la Polynésie !

A bientôt, Pierre-Emmanuel pour l’équipage de Petit Prince

 

2017 05 - Bestiaire des Galapagos

Extrait du bestiaire de Santa Cruz, aux Galapagos

Les animaux marins

Serpent de mer

Requins

Otaries

Iguane marin

Crabe avec iguane marin

Banc de raies

Tortue de mer (juste la tête)

 

Vus mais pas photographiés : tortues marines, d’innombrables espèces de poissons

Les oiseaux

Pélican en train d’avaler un poisson

Héron à la plage des allemands

Oiseau

Vus mais pas photographiés : fous à pattes bleues, frégates, nid de pinsons, et beaucoup d’autres !

Les animaux terrestres

 

Tortue terrestre

Lézard

Iguane terrestre

 
Pierre-Emmanuel et l'équipage de Petit Prince