2018 08 31 - L'indonésie profonde

Petit Prince a terminé son séjour dans l’Indonésie profonde, et vient d’arriver dans l’Indonésie touristique (Komodo) pour l’anniversaire de ses 2 ans de voyage autour du monde !

Lors de la fin de notre séjour australien à Darwin, nous avons bien fait de faire une orgie de baignades dans le parc aquatique et de demi-journées aux parcs de jeux, car nous n’en avons pas revu depuis.

Nous sommes arrivés en Indonésie dans la ville de Kupang, au Timor. Après de longues formalités couteuses en papier (~10 listes d’équipages à fournie aux différents services, entre autres), nous avons pu profiter de la ville, et surtout de ses restaurants à moins de 2€ par tête et de ses magasins de vêtements dont les articles sont à peine plus chers. Le plein est fait.

Ensuite, nous sommes allés sur les îles de Lembata puis celle de Flores. Là, nous avons découvert un monde bien différent : nous avons rencontré des gens vivant bien mais avec peu de choses, habitant dans des maisons en bambous, se déplaçant exclusivement à mobylette (parfois à 4 dessus !). Les fruits et légumes se trouvent au marché hebdomadaire en l’absence de magasin, et si l’on souhaite de la viande, il faut acheter le poulet vivant ! Depuis l’expérience de la poule montée à bord de Petit Prince, devenue l’amie des enfants le temps d’une soirée, puis passée à la casserole, on ne mange plus de poulet à bord… Il reste les œufs.

Les croyances animistes y sont fortes : pour aller en haut du volcan Kilimutu, notre guide a demandé la permission aux ancêtres, puis les a remerciés à la fin, car dans le cas contraire, parfois, le brouillard bouche la vue.

Dans la rue, nous étions parfois suivis par 20 enfants, étant des objets de curiosité. Nous avons été plusieurs fois invités à boire le thé (de Java) ou le café (de Flores) chez l’habitant, échangé nos coordonnées, et la 3G étant arrivée dans les villages les plus importants, nous avons obtenu des contacts facebook !

Notre départ de Mausembi, où nous sommes restés 5 jours et nous sommes liés d’amitié avec la famille de Vincent, a été très émouvant. Corentin est allé dire au-revoir à Joyce jusque dans son école, Aurore à Kasey en lui faisant plein de bisous. Il est parfois dur de partir, mais nous allons faire de nouvelles rencontres, sans aucun doute.

Nous sommes maintenant arrivés à Labuhan Bajo, sur l’extrême ouest de Flores, porte d’entrée de l’île de Komodo et de ses célèbres dragons. Beaucoup d’hôtels visibles depuis le large, on entend à nouveau parler anglais et même français dans la rue. Nous y avons retrouvé Sinoe, un voilier ami parti de Nouméa un peu plus tard que nous avec des enfants de l’école où était scolarisé Corentin. Le monde est petit, et encore des retrouvailles !

En termes de navigation aussi il y a eu du changement : les alizés de l’hémisphère sud se sont éteints. Pour avancer à la voile il nous a fallu compter sur la brise thermique de l’après-midi. Nous avons battu notre record de vitesse lente lors de la traversée Kupang – Lembata : 2 nœuds de moyenne, moins de 4km/h, c’est très lent pour parcourir 100 miles. Heureusement les îles sont proches, donc les navigations ne sont jamais trop longues. Et toujours plaisantes, sur une mer calme, avec beaucoup de soleil et des nuits étoilées, avec toujours ses spectacles de dauphins, dont nous avons croisé un énorme « troupeau » en arrivant jusqu’ici.

Sur tous ces bons souvenirs qu’on engrange, nous vous disons à bientôt !

Pierre-Emmanuel, pour l’équipage de Petit Prince

 

2018 07 26 - Mer de Corail, Grande barrière, Torres

Après une longue traversée de la Mer de Corail, Petit Prince est arrivé à Cairns, en Australie, a remonté la grande barrière de corail, passé le détroit de Torres, et vient d’arriver à Darwin, dernière étape australienne avant de poursuivre notre voyage sur le continent asiatique.

Longue, la traversée de la Mer de Corail l’a été car notre départ de Nouméa a été retardé par l’absence de fenêtre météo favorable : nous avons donc décidé de faire une croix sur la première partie de notre séjour australien et aller directement à Cairns, à 1250 miles de Nouméa (notre 3° plus longue traversée depuis notre départ de France).

Nous avons rapidement repris nos bonnes habitudes de navigation : ateliers pâte à sel, dessins, peintures, cours, pêche, parties de cache-cache dans le bateau. Aurore participe pleinement aux activités de son grand frère, y compris le Uno maintenant ! Petit Prince a hébergé pour la nuit à 2 reprises des oiseaux marins, nos seconds invités ayant désiré payer leur nuit avec des poissons à moitié digérés – que nous n’avons pas mangés.

La douane australienne a aussi participé à égayer la traversée : non seulement nous devions leur envoyer quotidiennement notre position, mais ils sont venus en plus en avion lorsque nous étions à 200km des côtes pour vérifier les informations. Douane qui fut fidèle à sa réputation : une fois à quai, nous avons eu droit à la visite d’un premier chien policier, puis d’un second (flair différent) ; inspection de la liste des médicaments ; vérification de la date du dernier antifouling et que le bateau a bien été sorti de l’eau juste avant notre départ ; ouverture et photographie des armoires, de l’arrière à l’avant du bateau, à la recherche de termites. Nos petites fourmis panaméennes, elles, ont leur autorisation de séjour.

Nous avons bien profité de Cairns, dans le pays des Crocos, mais pas que : côté gentil, nous avons rencontré les kangourous, les koalas, les wallabies, les cassowaries. Côté méchants, toujours les requins, avec en plus des serpents et surtout les crocos qui vivent aux portes de la ville… Les plages sont cerclées de filets, et lorsque ce n’est pas possible, comme à Cairns, on construit dans la ville une piscine en forme de lagon !

Les quelques îles de la Grande Barrière de Corail où nous nous sommes arrêtés (les rares où il n’y a pas de crocodile d’eau salée) nous ont offert de magnifiques paysages naturels, tant au-dessus de l’eau que sous l’eau. La remontée vers le détroit de Torres a été un véritable labyrinthe, à partager avec les navires de commerce. Et certains passages n’étaient pas très larges ! L’avantage est que la mer était plate, la houle ayant été cassée sur le récif extérieur, et Petit Prince avançait vite et confortablement quelles que furent les conditions de vent.

Le passage du détroit de Torres s’est fait par une belle journée ensoleillée ; profitant du courant, le bateau a battu son record de vitesse sur fond, plus de 10 nœuds ! Ensuite, 6 jours dans la mer d’Arafura, plutôt calme, avec du bon vent, un ciel parfaitement étoilé, sans pollution lumineuse, et une température nettement plus clémente que à Nouméa ou même Cairns:  très agréable traversée !

Nous allons maintenant rester une ou deux semaines à Darwin pour préparer notre séjour indonésien, qui approche à grand pas. Beaucoup de choses aussi à voir ici, centrées bien évidemment sur le monde sauvage, tellement la ville est isolée.

A bientôt !

Pierre-Emmanuel, pour l’équipage de Petit Prince

 

2018 06 19 - On repart, tata de la Nouvelle Calédonie!

Tata, la Nouvelle Calédonie !

Notre longue escale dans ce territoire éloigné de France touche à sa fin. Avec le retour de l’hiver austral et la fin de la saison cyclonique, les alizés sont censés s’établir rapidement pour nous permettre de reprendre notre route vers l’ouest.

Depuis 8 mois que nous sommes arrivés ici, nous ne nous sommes pas ennuyés : nous nous sommes offert une parenthèse dans la parenthèse avec un retour en métropole (en avion) pour revoir famille et amis. Ensuite, beaucoup de temps passé à l’entretien de Petit Prince pour ce nouveau départ : antifouling, révision des voiles et du moteur, traitement des points de corrosion, réfection des hublots, la liste est longue. Beaucoup de temps passé aussi à la préparation de la suite du voyage : cartes, guides, détails du passage des principaux détroits pour nos destinations à venir.

Notre retour à la vie terrestre s’est traduit par l’inscription de Corentin dans une « vraie » école, finis les cours avec Papa, on peut enfin recommencer à jouer avec les copains smiley ; un abonnement quasi-illimité pour Aurore et sa Maman aux parcs pour enfants ; et pour moi, des activités de bénévolat en tant que canotier à la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) et à l’accueil de l’Adie (Association pour le Droit à l’Initiative Economique), tous deux passionnants.

Nous avons évidemment aussi passé du temps à visiter ce bel endroit, avec sa multitude d’îlots inhabités accessibles en voilier, ses récifs coralliens, ses forêts, ses maquis miniers, ses littoraux bordés de montagnes impressionnantes avec parfois des sources d’eau chaude. La Nouvelle Calédonie est éclatante de lumière, avec une faune et une flore d’une incroyable richesse. Nous avons été accompagnés de dauphins à peu près à toutes nos traversées en voilier, sauf la fois où nous nous sommes fait poursuivre par un tricot rayé (à priori amicalement).

Avec quelques années de plus, nous n’aurions probablement toujours pas terminé de visiter la Nouvelle Calédonie, que ce soit par la mer ou par la terre. Mais les meilleures choses ont une fin, et de beaux endroits sont encore à voir ! A commencer par la Grande Barrière de Corail, en Australie, notre prochaine étape du voyage, si les alizés veulent bien s’établir rapidement (cela fait 10 jours qu’on les attend pour partir !!!).

A bientôt !

Pierre-Emmanuel et toute la famille, du voilier Petit Prince

 

2017 10 28 - Petit Prince et son équipage sont bien installés en Nouvelle Calédonie!

Bonjour à tous,

Aux dernières nouvelles, nous venions d’arriver à Fidji. Nous avons profité de cette agréable escale pour visiter Suva, la capitale, et ses alentours. Nous ne sommes pas allés sur le site de tournage de Koh Lanta, ni sur les autres îles paradisiaques de l’archipel : un peu loin, contre vents et courants, nécessitant des formalités assez lourdes pour un voilier. Ce n’est pas tellement grave, avec tout ce qu’on a vu auparavant ! Il y avait un bon approvisionnement à Suva : on trouvait de tout, et pour une fois dans le Pacifique, à prix attractif. Il y avait même un cinéma où Corentin a pu voir le film Ninjago en anglais, sorti un mois plus tôt qu’en France.

Notre étape suivante a été l’île de Tanna, aux Vanuatu. Changement de climat : plus aucune pluie, ciel bleu permanent, magnifiques nuits étoilées : un spectacle presque oublié depuis la Polynésie. Changement d’époque aussi : routes en terre battue, pas d’électricité, pas de distributeur de billet… Impossible de retirer de l’argent pour aller visiter l’île et son célèbre volcan actif, faisant rougeoyer le ciel la nuit. Ni de faire les courses… Heureusement nous avions pêché un énorme tazar quelques jours plus tôt. Malgré le dénuement matériel de la population, l’accueil a encore une fois été très chaleureux, nos enfants jouaient avec leurs enfants. Nous y avons troqué des vêtements trop petits contre des fruits et légumes et 2 sacs à main tressés avec des feuilles de cocotier.

Nous nous sommes ensuite lancés dans notre dernière grande traversée de la saison, avec l’aide de David pour choisir la bonne fenêtre météo étant donné qu’il n’y avait pas de prévision météo à Tanna. Merci David ! Nous sommes entrés dans le lagon calédonien quelques jours plus tard où, pour fêter notre arrivée, les dauphins nous ont offert un somptueux spectacle, sautant tout autour de Petit Prince en retombant sur le dos. Un grand final en quelque sorte. Puis la traversée s’est achevée : nous sommes restés quelques temps à la marina de Nouméa, puis avons pris nos quartiers d’été à l’ancre près du centre-ville.

Nous devrions rester en Nouvelle-Calédonie pendant la saison des cyclones, Nouméa étant relativement au sud – mais pas tout à fait en dehors de la zone de risque cyclonique : la météo sera donc à surveiller. Lorsque l’hiver austral reviendra, vers juin-juillet de l’année prochaine, nous reprendrons notre route vers l’ouest pour le retour en métropole. D’ici là, pas question de s’ennuyer ! Corentin est inscrit à l’école, trop content d’y être et de se faire des petits copains ; Aurore développe son langage parlé et son agilité au bac à sable près de l’école de Corentin, avec sa maman et les autres bébés du quartier ; j’ai été accepté comme bénévole au sein de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) pour apprendre à devenir sauveteur en mer et participer à la vie de l’association : trop fier !

Voilà qui clôture ce voyage Aller, qui s’est finalement déroulé sans grosse difficulté, sans gros incident matériel, et a été tellement enrichissant ! Nous allons maintenant profiter de cette longue escale en Nouvelle Calédonie pour faire en sorte qu’il en soit de même pour le Retour. Et profiter aussi des grandes vacances calédoniennes (décembre à février) pour revenir en métropole, faire un grand coucou à tous ceux qu’on aura la chance de revoir !

2017 09 19 - L'antiméridien

Bonjour à tous,

Petit Prince et son équipage viennent de franchir à Fidji une étape symbolique du tout du monde : nous venons de passer l’antiméridien, c’est-à-dire la moitié du chemin ! Désormais, avancer n’est plus synonyme de partir, mais de rentrer :-( Pour ne pas rentrer trop vite, nous allons commencer notre retour par une longue pause en Nouvelle Calédonie pendant la saison des cyclones qui ne va pas tarder à commencer dans l’hémisphère sud.

Les 1700 miles de navigations dans cette partie du Pacifique Ouest depuis Bora-Bora ont été bien différents de la longue traversée du Pacifique Est : il nous a fallu réapprendre à naviguer avec les marées, les cartes nautiques imprécises (files/RecitsNav/TOURDUMONDE/Cartographie électronique Fidji.pdf), et les fenêtres météo décidaient quand on partait et où on allait : heureusement de nombreuses possibilités s’offraient à nous tout le long du parcours, avec des escales plus agréables les unes que les autres.

Notre première escale a été l’île de Aitutaki, aux Iles Cook. Destination touristique par excellence, elle n’a rien à envier aux lagons de Bora-Bora. En théorie, nous devions pouvoir rentrer dans le lagon par le chenal d’accès à marée haute avec un pied de pilote de 0 ; j’espérais pousser un peu le sable avec la quille si besoin, mais après 2 tentatives infructueuses, nous avons dû nous résoudre à rebrousser chemin. Finalement renseignements pris auprès des locaux, il nous manquait au moins 30 cm… Petit Prince n’étant pas un bulldozer, nous avons jeté l’ancre à l’extérieur du lagon. Le mouillage était assez confortable bien que dans le grand océan, mais il y avait 2km en annexe pour rejoindre la ville ! Nous y avons fait des randonnées à pied, une excursion pour touristes en bateau à moteur vers ses plus belles plages. Superbe !

Ensuite, nous sommes allés à Niue. Cet île-état de quelques milliers d’habitants est elle aussi très isolée et très tranquille. Nous y avons aussi jeté l’ancre dans le grand océan, car il n’y a pas de lagon, ni même de port. L’unique jetée servait à gruter à terre annexes et bateaux de pêche. Pour changer, nous avons fait des excursions en vélo et le tour de l’île en voiture. Cette île est truffée de grottes secrètes, paysages de pierres, piscines naturelles au milieu des coraux. Nous y avons entendu et vu des baleines venant migrer dans les eaux chaudes pour faire grandir leurs petits pendant l’hiver austral. Et puis nous y avons fêté les 1 an de notre départ : Le temps passe vraiment vite, tant de voyage et de découvertes depuis notre départ du Havre, tant de miles parcourus !

Enfin, nous sommes allés à Vava’u, île du royaume de Tonga. Cet archipel est un véritable paradis pour les amoureux de mouillages isolés et tranquilles, ainsi que pour trouver l’occasion de nager aux côtés de Maman et Bébé baleines. Nous ne l’avons pas fait, un peu cher, préférant aussi faire plaisir aux enfants qui trouvaient leur bonheur au bac à sable (encore !) et avec les petits copains dans l’eau (encore !!). Nous y avons aussi fait le plein de DVD à 0.80€ n toute légalité :-)

A terre, nous avons eu de nombreuses ruptures de produits frais, étant donné qu’il n’y a que peu de production locale. Impossible de trouver une pomme de terre ni une carotte à Aitutaki, la tomate coûte 1€ à Niue ! L’isolement de ces populations les rend accueillantes, curieuses, et contentes de venir à notre rencontre ; quoi que les sourires étaient plus difficiles à obtenir à Tonga, qui a un mode de vie plus traditionnel.

Sur ce long parcours en mer, nous avons pêché notre plus grosse dorade : 1m30 ! Plein de phosphore pour tout l’équipage. Et un bateau-ami a dû nous aider à la finir. Nous nous sommes habitués à reconnaitre les bateaux faisant la même route que nous dans le Pacifique, que nous revoyons régulièrement. La plupart, voire tous à l’exception des francophones, vont passer la saison des cyclones plutôt en Nouvelle Zélande. Nos chemins vont donc se séparer, étant donné que nous sommes francophones :-), et nous nous croiserons peut-être à nouveau quelque part en Asie du sud-est l’année prochaine.

Dans l’attente de voir ce qui nous attend ici aux Fidji, puis à Vanuatu et sur le parcours jusqu’en Nouvelle Calédonie d’où nous vous donnerons nos prochaines nouvelles, nous vous disons à bientôt !