2016-12-09 - Cap Vert - Prêts pour la transat !

Bonjour à tous,

Notre périple à travers les îles du Cap Vert touche maintenant à sa fin. Nous avons pu visiter les îles de Sao Vincente, Santo Antao, Santiago, Fogo et Brava.
A Mindelo sur Sao Vincente, à la fois capitale culturelle du pays et notre lieu d’atterrissage au Cap Vert, nous avons eu la venue de Tim et Marcel, amis de Mimie et Mick, qui sont venus partager notre vie à bord. Après une courte navigation vers Santo Antao, île célèbre pour ses sentiers de randonnées, ils ont activement participé à la traversée de 2 jours vers Santiago.
A Praia la capitale, sur Santiago, l’île la plus africaine, nous avons noté la différence de culture par rapport aux autres îles et à l’Europe. A point nommé, vu que la différence culturelle était l’objet des cours du CNED ! Cours après lesquels Corentin, de plus en plus facilement, se faisait des copains de plage : parties endiablées de foot avec des enfants trop contents de pouvoir profiter d’un ballon. La barrière de la langue n’empêche pas de marquer des buts et de s’amuser dans l’eau!
Nous avons visité Cidade Velha, ancienne capitale du Cap Vert, avec son fort pour se protéger des pirates. Ville finalement détruite par le corsaire anglais Francis Drake, destruction dont la ville ne se remettra pas : elle a perdu son statut de capitale et même son nom (Riviera Grande à l’époque) ; mais le petit village reste est très agréable à visiter.
Ensuite, étape à Fogo, l’île-volcan au sommet duquel nous sommes montés : plus de 2800 mètres d’altitude, point culminant du Cap Vert. La montée a été fatigante mais la descente s’est faite dans un mélange de sable et de poussière – comme dans la neige : nous pouvions courir, sauter, tomber sans se faire mal, et au final nous avons descendu presque 1000 mètres en 10 minutes ! Trop rigolo.
Aurore a aussi beaucoup profité de ce séjour. Elle a officiellement reçu son diplôme de rampement, et continue à s’entrainer activement à rester debout en se tenant à tout ce qu’elle peut. Corentin de son côté a été trop content d’avoir des nouvelles de son école et de ses anciens copains qui suivent notre aventure.
D’un point de vue nautique, l’expérience à travers les îles a été très enrichissante. Nous avons découvert :
-          Les épaves au milieu des ports, Mindelo comme Praia, qui semblent ne déranger personne… Pourquoi les enlever ?
-          Un monde animal toujours très riche : Nous sommes toujours accompagnés de dauphins et poissons volants. La malédiction se poursuit avec nos hameçons, probablement avalés par d’énormes bêtes capables de déchiqueter le hameçon en métal et/ou le fil de traine. Mais de temps en temps nous réussissons et pouvons gouter un délicieux steack de thon tout frais !
-          Premiers bidonnages d’eau pour remplir les cuves avant de repartir. Remplir 400 litres d’eau avec des bidons de 5 ou 7 litre lorsqu’on est au mouillage prend plus de temps qu’avec un tuyau à quai !
Voilà, nous sommes maintenant sur le départ, au mouillage dans l’île de Brava, la sauvage, la plus verte, une île de 6000 habitants un peu isolée. Nos prochaines nouvelles seront envoyées, si tout va bien, d’une des îles de l’arc antillais !
A bientôt !
Pierre et Compagnie, sur Petit Prince
PS : diaporamas disponibles sur http://www.mimieprune.ch/

 

2016 11 12 - Arrivée au Cap Vert

Nous avons finalement mis 7 jours pour arriver au Cap Vert, en partant de La Gomera, l’une des îles la plus au sud des Canaries. Nous avons été aidés par un bon vent régulier et portant dès le 3° jour, ce qui nous a permis d’aller plus vite qu’à notre habitude, avec des journées à 160 ou 170 miles parcourus ! Merci beaucoup à David pour nous avoir suivis quotidiennement.

Nous sommes maintenant bien rôdés par ces traversées, enrichis des expériences précédentes. La fabrication du pain et des gâteaux au chocolat pourrait presque se faire les yeux fermés ; pas la pêche où la performance est médiocre : les hameçons attirent bien probablement de très gros poissons, mais ceux-ci arrivent toujours à s’échapper, emportant ou déchiquetant le hameçon… Seul un poisson volant venu s’assommer sur le pont a terminé à la poêle. Poissons volant qui étaient extrêmement nombreux les derniers jours de la traversée, plus nombreux encore que les dauphins et les étoiles filantes, toujours bien présentes. Pendant la traversée, Aurore a aussi appris à se tenir debout en se tenant à quelque chose, et presque à ramper : ses parents vont devoir être hyper attentifs à partir de maintenant.

Nous ne voyons pas l’hiver arriver, étant donné que nous allons continument vers le sud. Pour la première fois, j’ai fait un quart de nuit en short et t-shirt en ce début novembre ! Seules les longueurs de journées diminuent drastiquement : en heure local, il fait maintenant nuit à 18h30…

Nous avons définitivement quitté l’Europe et avons choisi notre point d’atterrissage en fonction des points d’entrée officiels du pays : en l’occurrence Mindelo, sur l’île de Sao Vincente, où se trouve le seul port de plaisance de l’archipel, dans lequel nous n’avons pas pu rentrer car phagocyté par les coureurs de l’ARC (Atlantic Racing Cruise)… Nous avons remarqué l'état d'esprit africain, plus cool, moins stressé, probablement un peu moins rigoureux aussi: nous en sommes à devoir retourner une 4° fois au bureau de l'immigration pour mettre nos papiers en règle :-) Et la cartographie est assez approximative, voir la photo!

Nous allons maintenant visiter les îles du Cap Vert en attendant l’établissement des alizés – qui sont les vents portants qui nous permettront d’arriver aux Antilles - , typiquement jusque début décembre. Nous aurons 3 semaines de visites à terre d’île en île pour découvrir les différentes facettes de cet archipel.

 

A bientôt !

Pierre et Compagnie, sur Petit Prince

 

2016 10 05 - Départ des Canaries

Bonjour à tous,

Après 3 semaines de visite aux Canaries, le moment est venu pour nous de partir vers notre prochaine destination : le Cap Vert.

Ces 3 semaines nous ont permis de visiter 3 îles (ce n’est pas beaucoup !), mais très variées : Lanzarotte la désertique – que des cailloux - ; Teneriffe la plus célèbre ; La Gomera la plus verte, où cependant les endroits avec des arbres sont tellement rares qu’ils sont indiqués sur la carte, et le cours du CNED demandant une randonnée de découverte en forêt s’est transformé en découverte de zones semi-arides. De Lanzarotte vers la Gomera, les châteaux de sable blanc se sont aussi transformés en châteaux de sable noir.

Nous avons pu voir pour la première fois des plantations d’avocats, de citrons, de bananes avec des régimes de bananes entiers prêts à être cueillis.

Nous avons eu la visite de Jens et Alice, trop contents d’avoir un peu de chaleur et de s’échapper temporairement du froid qui semble s’être installé en France. Ils ont pu nous amener des articles introuvables ici : du papier Canson !

En termes de navigation, seules choses à noter : un petit 35-40 nœuds de vent (c’est beaucoup) entre les îles alors que les gribs n’en prévoyaient que 20 - Petit Prince n'a même pas eu peur! ; et toujours des dauphins nous accompagnant régulièrement.

Prochaines nouvelles : à notre arrivée au Cap Vert, après une traversée de 850 milles nautiques, environ 1500km que nous devrions parcourir en une dizaine de jours. A bientôt !

Pierre et Compagnie sur Petit Prince

 

2016-10-17 - Bien arrivés aux Canaries

Bonjour à tous!

Traditionnellement en navigation, un chef de bord n'indique pas sur le livre de bord la destination avant d'y être arrivé. La raison est qu'à la voile, on n'est jamais sûr d'arriver là où on le pensait...
 
Nous avons quitté le nord du Portugal il y a 2 semaines, direction Madère. Le début du parcours s'est fait à vive allure, puis un anticyclone a eu la mauvaise idée de se centrer sur Madère: impossible d'y arriver à la voile (pas de vent sur sur les derniers centaines de miles). Nous l'avons contourné dans le sens des aiguilles d'une montre (= sens des vents autour d'un anticyclone), espérant ensuite faire de l'ouest une fois le flux dominant de nord rétabli. C'était sans compter l'arrivée d'une dépression amenant de forts vents d'ouest! Après avoir essayé de louvoyer, avec appui du moteur, nous nous sommes rendus compte qu'il ne nous serait pas possible de remonter le vent jusque Madère. A la grande déception générale, nous avons donc changé de cap, de nouveau vers le sud, les Canaries. Nous n'aurons pas visité Madère, ni les îles sauvages qui en dépendent.
 
Malgré cette mésaventure, ces 10 jours de traversée sont passés comme une flèche. La routine était bien cadencée par les quarts, les cours du CNED, les parties de Uno, les adada de Aurore, et était troublée régulièrement par des poissons qui mordent au hameçon: 4 bonites, 2 coryphènes, sans compter celle gigantesque qui a réussi à s'échapper, 2 poissons inconnus passés quand même à la poêle. Nous avons profité de périodes sans vent pour aller nous baigner dans le grand océan. Nous avons pu voir d'innombrables étoiles filantes et améliorer nos connaissances des étoiles.
 
Nous allons profiter des 3 prochaines semaines pour visiter les différentes îles des Canaries, principalement celles de l'ouest, plus vertes et moins touristiques. Pourquoi ne pas monter en haut de la plus haute montagne d'Espagne?
 
Nous vous donnerons à nouveau des nouvelles avant notre prochaine grande traversée, début novembre vers le Cap Vert (destination espérée): à très bientôt!

Pierre et Cie

 

2016 09 - Première grande traversée

Nous avons réussi notre première grande traversée, celle du Golfe de Gascogne !

Après avoir choisi la fenêtre météo qui nous semblait la meilleure possible (entre 2 dépressions), nous avons débuté la navigation au portant à 6-7 nœuds de moyenne, nous permettant de faire la moitié du chemin en un jour et demi ! La météo est restée favorable mais avec moins de vent tout le reste du parcours, que nous avons réalisé en un peu moins de 5 jours.

Nous avons été accompagnés à plusieurs reprises par d’innombrables dauphins, de jour comme de nuit. De nuit, leurs chants ont tenu éveillés les dormeurs pendant que le barreur les admirait accompagner Petit Prince, s’en éloigner puis revenir pendant des heures entières.

A l’approche de la Corogne, la traversée d’une zone ensoleillée et sans vent nous a permis d’affaler les voiles, stopper le bateau, et aux adultes de nager par 4000 mètres de fond à un peu moins de 100 miles des côtes espagnoles. Les enfants sont restés dans la piscine gonflée à l’avant du bateau :-)

A notre arrivée au mouillage dans l’anse de Cedeira, un peu à l’est de la ville Corogne, nous avons été marqués par l’odeur de la Terre, en particulier celle des arbres, que nous n’avions plus sentie depuis notre départ… et nous ne la sentions déjà plus au bout de 2 jours…

Pendant cette traversée, nous n’avons pas connu l’ennui. Corentin a poursuivi assidument ses cours du CNED, Aurore a appris à tenir assise et à dire « adadada… agagagaga » : ça l’amuse énormément, ainsi que le reste de l’équipage ! L’un a perdu sa première dent (la petite souris du bateau a joué son rôle), l’autre est en train de la sortir.

Après quelques jours de repos à Cedeira, très sympathique bourgade mi-balnéaire, mi-port de pêche, où il y a plus de cafés que de tous les autres magasins confondus, nous allons poursuivre notre route en cabotage vers Lisbonne, point de départ de notre prochaine grande traversée : vers Madère.

A bientôt !

Pierre et tout l’équipage

PS : pas de photos car notre appareil photo fait partie du matériel n’ayant pas survécu aux conditions extrêmes…