Combien de fois avons-nous sillonné la Manche et la Mer d’Iroise sans avoir jamais pu l’atteindre ?

Cette île à la pointe Bretagne, souvent inaccessible pour cause de météo, tant vue et revue sur nos écrans de télévision, nous en rêvions.

Jean D et Chloé y sont venus en ferry, Michel, bon navigateur, ne s’y est jamais arrêté, Patrick a déjà plongé dans le passage du Fromveur et n'a pas oublié les courants forts. Jean H, Hervé et moi-même, allions découvrir.

 

Le ciel est un peu gris, mais le soleil n'est pas loin, samedi matin 12 juillet vers 11h, lorsque l'équipage de Gabriel nous accueille. La brasserie du port en terrasse est idéale pour le déjeuner avant de faire l'avitaillement au supermarché de Saint-Pol-de-Léon. Le bateau rangé, l’équipage se prépare à passer une bonne nuit, car le lever est prévu vers 5h30 du matin pour une première escale à l’Aber Wrach’ distante de 35 M.

Dimanche matin 6h 30, Sirénade appareille pour embouquer le chenal au sud de l’île de Batz. Le vent, 11 Nds, est de secteur W, "dans l’nez !". Plusieurs bords de près sous voile nous rapprochent de la destination, mais, par manque de vent en début d’après-midi, c’est au moteur que nous nous dirigeons vers le chenal principal de l’Aber Wrach’  en enroulant la bouée Libenter. Amarrage sur catway à 15h 30 pour un déjeuner attendu devant le spectacle  joyeux des kayaks et paddles. Une balade sur les hauteurs nous amène à un joli point de vue sur l'aber et le phare de l'île Vierge.

 

Départ à 8h, moins matinal, lundi en vue d'une escale à l’Aber Ildut, 15 à 20 M par vent de SW 10 à 14 Nds. La bouée Le Lieu est repérée, il faut suivre le chenal sans perdre de vue les alignements. Une bouée « visiteur » est située à l'entrée devant la capitainerie mais il faut plutôt s’amarrer vers le fond de l’aber   sur les lignes de mouillage pour ne pas gêner les pêcheurs. Site reposant, balade à terre pour découvrir le village. Une cervoise rafraîchissante sera la bienvenue sur la terrasse qui domine l’aber. Belle soirée ensoleillée.

La météo annoncée est idéale, mardi, pour prendre la direction d’Ouessant. SW 3 à 4 puis 2 à 3 l'après-midi. L’équipage est sur le pont à 7h. La brume réduit la visibilité pour sortir du chenal de l’Aber Ildut. Tout le monde est attentif. Une heure plus tard, le vent tombe, la brume persiste. C'est au moteur que l'on passera au large de Kéréon, que l'on distingue à peine, au Nord de Molène.

 

Le Fromveur nous avale. Sirénade file à 12 Nds, mais il faut négocier les vagues croisées, la mer hachée, les bouillons, malgré l’absence de vent. La brume se disperse un peu pour nous laisser entrevoir la côte. Un dernier bord pour contourner le phare de la Jument dont on distingue seulement la silhouette avant d’entrer dans la baie de Lampaul.

 

Ouessant, c'est là que le spectacle commence !

Nous repérons la bouée de mouillage « 4 », un dauphin nous accompagne. Il saute, plonge, joue avec la bouée comme avec un ballon. La gaffe magique, HandyDuck, est crochée sur l’anneau mais un coup de queue de l’animal fait sauter l’amarre.

 

Georges, qui serait le nom de ce mammifère marin d’après le GECC, Groupe d'étude des cétacés du cotentin, qui l’aurait identifié, serait connu dans la région pour être joueur. Amuser les plaisanciers en renversant leurs annexes n'est pas toujours très bien vu. Georges est resté un bon moment près de nous captivé par les sons émis par Patrick et Hervé qui connaissent le « langage dauphin ».

Film et photos témoignent de la scène. Inoubliable !

 

Le temps s’est complètement dégagé, le soleil brille. Après une petite baignade et un déjeuner dans ce décor magique, balade vers le phare du Creach et visite du musée des Phares et Balises. Tout est calme, la baie de Lampaul ressemble à un lac. Malgré tout nous suivons les bons conseils de Gabriel : le tourmentin en tap cul est installé sur la balancine pour éviter un éventuel roulis.

 

La journée de mercredi  nous permet de découvrir Ouessant avec notre guide Jean D. Balade dans la lande et sur les chemins bordés d’hortensias et d’agapanthes pour aller de l'île Keller au Stiff. Pic nique, et dernière soirée en appréciant le coucher de soleil.

 

 

Debout de bonne heure et de bonne humeur pour un départ de nuit, 5h30 jeudi, en contournant Ouessant par l’ouest. Le temps est clair, après plusieurs virements et une réduction du génois car le vent de NW est monté - 18 à 20 Nds-   Sirénade est au nord de Ouessant. Cap à l'est, le chenal principal de l’Aber Wrach’ est en vue, le soleil brille. Après un amarrage au ponton visiteur, vers 12h, une sieste incontournable enveloppe l'équipage car il tombe des cordes dehors.

 

Vendredi 18 juillet, dernier bord vers Roscoff. Départ négocié pas trop tôt, 8h. Le vent de SW 16 nds passera au NE dans l'après-midi juste le temps de mettre le spi. La route se terminera au moteur jusqu'à Roscoff, le vent a changé de direction et nous a abandonnés.

 

Une semaine de croisière qui se termine et pleins de souvenirs à raconter.

La Bretagne est toujours aussi jolie à découvrir.

 

Josette Delagarde